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Justice pénale

L'ABC de la justice pénale pour adolescents

Démystifier la réinsertion sociale

À 16 ans, Jean-Philippe est presque passé maître dans ce qu’on appelle communément le taxage. Reconnu coupable de trois infractions de vol qualifié, il vient d’écoper d’une peine spécifique d’une durée totale de 12 mois, dont 8 seront purgés sous garde et 4 sous surveillance dans la collectivité. Le juge a mentionné à l’adolescent que, dès le début de son placement sous garde, un délégué à la jeunesse travaillera avec lui à sa réinsertion sociale.

Après l’audience, Jean-Philippe demande à son avocat ce que signifie l’expression « réinsertion sociale ».

Questions et réponses
Qu’est-ce que la réinsertion sociale ?
On entend souvent parler de réinsertion sociale dans les médias. Pour l’adolescent condamné à une peine comportant un placement sous garde, cela veut dire qu’il sera temporairement écarté de la société. Cependant, cela ne veut pas dire que les intervenants du système de justice attendent l’expiration de sa peine pour le libérer sans autre formalité. Au contraire, dès les premiers jours de placement sous garde, l’adolescent est invité à élaborer un plan en vue de sa réinsertion sociale, autrement dit, à préparer son retour à la vie normale.

Le programme de Jean-Philippe comporte entre autres une thérapie qui l’aidera graduellement à se réadapter. La réinsertion sociale représente l’étape finale de la réadaptation d’un jeune, qui commence dès le début de son placement sous garde.
Quels sont les objectifs de la réinsertion sociale ?
L’expérience des intervenants jeunesse montre que les adolescents qui ont bien réussi à se réinsérer dans la société ont moins tendance à récidiver. C’est-à-dire que ces adolescents risquent moins de commettre de nouvelles infractions et de faire de nouvelles victimes.

La réinsertion sociale constitue un moyen efficace de protéger le public de façon durable, on peut donc comprendre pourquoi elle est si importante dans le système de justice pénale pour les adolescents.
En quoi la réinsertion sociale favorise-t-elle les adolescents ?
Comme les adolescents n’ont pas entièrement développé leur personnalité, ils sont bien souvent en mesure de bénéficier davantage de l’intervention de spécialistes que les adultes. Avec l’aide d’éducateurs, un jeune peut même laisser derrière lui des habitudes qui l’ont conduit à la délinquance et adopter de nouvelles valeurs. Mais il n’y a rien de magique ! Les efforts doivent être au rendez-vous.On peut tout de même affirmer qu’il est plus facile de modifier le comportement d’un adolescent que celui d’un adulte qui trempe dans des affaires criminelles depuis des décennies.

La réinsertion sociale favorise aussi l’adolescent en ce qu’elle contribue à améliorer les relations avec sa famille, facteur qui est souvent à la base de la réussite du programme. On pourra aussi voir un jeune reprendre ses études ou apprendre un métier. Ces nouvelles aptitudes lui permettent d’éviter reprendre les habitudes qui ont été à l’origine de ses problèmes de délinquance.

Quant à Jean-Philippe, il décide donc de faire l’apprentissage du métier d’ébéniste. Comme il est habile de ses mains, ce programme lui procure beaucoup de satisfaction. Il rêve même de démarrer sa propre entreprise, même s’il est conscient qu’il n’est pas arrivé au bout de ses peines. Jean-Philippe entrevoit déjà de meilleures perspectives d’avenir à sa sortie du Centre jeunesse.
De quelle façon la loi souligne-t-elle l’importance de la réinsertion sociale ?
La réadaptation et la réinsertion sociale constituent des principes directeurs de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents. Il n’est donc pas surprenant que celle-ci exige l’élaboration d’un plan de réinsertion sociale doit être élaboré pour chacun des adolescents à qui le tribunal a imposé une période de placement sous garde. De plus, la loi mentionne que toutes les peines de placement sous garde doivent obligatoirement comporter une période de garde purgée sous surveillance dans la collectivité. Autrement dit, l’adolescent n’est jamais libéré d’un Centre jeunesse sans qu’il soit par la suite guidé et suivi par un travailleur social, de façon à favoriser sa réinsertion sociale.

Dans le même ordre d’idées, la loi donne aussi aux autorités responsables du placement sous garde d’un adolescent le pouvoir de le libérer provisoirement pour sa réinsertion sociale. Le congé est d’au plus 30 jours, mais il peut être renouvelé un nombre indéterminé de fois. Concrètement, l’adolescent pourra quitter le centre jeunesse à des jours et des heures fixes afin notamment de suivre un cours dans une école, d’obtenir ou de conserver un emploi, d’effectuer des travaux ménagers dans sa famille ou même d’aller suivre un traitement externe (pour contrôler sa consommation de drogue ou d’alcool, par exemple).

Bref, comme tu peux le voir, la loi est très souple en ce qui concerne les moyens de favoriser la réinsertion sociale d’un adolescent. Cependant, avant de pouvoir être libéré, l’adolescent doit faire la preuve qu’on pourra lui faire confiance lorsque les mesures de sécurité prises à sont égard auront été relâchées. Il doit démontrer, en somme, qu’il est prêt pour cette étape. Grâce à toutes ces mesures, Jean-Philippe a des chances de s’en sortir.
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