L’organisation du procès lui-même est un élément-clé du travail du juge. Celui-ci agit un peu comme un chef d’orchestre, imposant son rythme à l’audience et s’assurant que tout le monde suit la partition.
Par exemple, pendant le procès, le juge :
- Indique aux témoins lorsqu’ils doivent répondre aux questions des avocats.
- S’assure que les droits des parties sont respectés.
- Dispose du sort des objections soulevées par les avocats.
En plus de répondre à tous les« Objection! », le juge doit examiner la preuve et écouter les arguments présentés par les parties pour appuyer leur cause; c’est là une tâche particulièrement importante. Lorsqu’un juge est appelé à rendre une décision, il doit prendre en compte deux éléments : les faits et le droit. Il va sans dire qu’il ne doit pas se laisser influencer par l’opinion de son beau-frère, des journalistes ou du public! Seule la preuve qui lui a été présentée dans le cadre du procès doit être prise en considération.
En matière criminelle, il appartient au juge de décider s’il y a suffisamment d’éléments de preuve pour établir la culpabilité de l’accusé hors de tout doute raisonnable. En matière civile, il lui revient de déterminer si le demandeur a présenté des preuves suffisamment convaincantes pour qu’il tranche en sa faveur.
Dans le cadre de l’examen de la preuve, le juge :
- Entend les témoignages des différentes parties et de leurs témoins.
- Analyse l’attitude et le langage non verbal des parties et des témoins, et évalue la vraisemblance de leurs propos, etc.
- Lit les documents et étudie les preuves, telles que des photos ou des plans.
- Écoute les arguments et plaidoiries des parties.
À la demande de l’une ou l’autre des parties, le juge détermine si la preuve présentée a été acquise légalement et – s’il décide que ce n’est pas le cas – empêche qu’on se serve de celle-ci. En effet, ce ne sont pas tous les types de preuves qui peuvent être acceptées par les
tribunaux. C’est notamment le cas lorsque les droits de l’accusé ont été violés. Par exemple, tout le monde a droit au respect de l’intégrité de sa personne. Si ce n’est qu’à la suite de mauvais traitements policiers que M. Düstock a avoué avoir volé des sachets de ketchup, le juge considérera cet aveu comme irrecevable et ce dernier ne pourra en conséquence être utilisé contre lui.
Une fois que les preuves des deux parties ont été présentées, le juge écoute les plaidoiries des avocats. Ceux-ci tentent de le convaincre en faisant appel à des arguments juridiques et aux preuves qu’ils ont fournies.